UFC Que Choisir de Nancy et environs

1884 - La fièvre aphteuse

est tenu, par les articles 84 et suivants du décret du 22 juin, d'envoyer à ses collègues lorsque des animaux malades sont trouvés parmi les bestiaux mis en vente.

En terminant, je m'élèverai encore contre l'espèce d'aveuglement qui pousse les détenteurs d'animaux malades ou suspects à se débarrasser clandestinement de ces animaux.

Si la crainte des pénalités auxquelles ils s'exposent en agissant ainsi ne les retient pas, le sentiment de leur intérêt bien entendu devrait au moins leur faire comprendre que dès qu'un soupçon s'élève sur l'état de santé d'un
animal, le premier soin doit être de l'isoler soit dans une portion de bâtiment, soit dans un coin de pâturage, de manière à prévenir tout contact ultérieur avec les autres animaux et, en outre, de le faire panser par une personne spéciale s'occupant exclusivement de lui.

Ces précautions si simples suffiraient le plus souvent pour arrêter le développement de la maladie, et par là on éviterait de faire perdre aux vaches laitières leur lait et aux bœufs leur état d'engraissement ; les bêtes de travail ne seraient pas immobilisées à une époque où leur besoin est quelquefois le plus impérieux.

Si tous les agriculteurs voulaient s'astreindre à suivre ces conseils, la fortune publique y gagnerait en même temps que la leur propre et la culture ne serait pas exposée à subir des pertes répétées qui se chiffrent par des sommes considérables ; les wagons de chemins de fer ne seraient pas infectés ; les foires et marchés cesseraient d'être un danger permanent comme ils le sont actuellement ; le marché de la Villette ne deviendrait pas un foyer dans lequel l'infection est apportée par de nouveaux arrivages de bêtes malades ou suspectes, et le commerce n'aurait pas à supporter des entraves qui nuisent surtout aux intérêts des agriculteurs ; enfin, les objections que le Gouvernement britannique oppose encore à la levée de l'interdiction qui frappe notre bétail à l'entrée en Angleterre n'auraient plus aucune raison d'être.

C'est à faire pénétrer ces idées qu'il faut vous attacher ; vous ne sauriez trop faire pour les répandre par l'intermédiaire des sociétés d'agriculture, des professeurs départementaux d'agriculture et particulièrement des vétérinaires du service sanitaire.

Si le Gouvernement de la République attache une si grande importance à l'exécution de la loi sur la police sanitaire, c'est en raison de l'intérêt qu'il porte à l'agriculture, à son évolution nécessaire, à ses progrès et au développement d'un de ses plus grands agents de production. Par tous les moyens dont vous pouvez disposer, efforcez-vous donc, Monsieur le Préfet, de faire comprendre aux agriculteurs, qu'il existe entre eux une solidarité étroite en matière de maladies contagieuses, et que c'est méconnaître ses devoirs envers ses concitoyens que de chercher à se soustraire à l'application de règlements qui n'ont en somme pour but que de sauvegarder les intérêts de tous.

Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Le Ministre de l'Agriculture,
J. MÉLINE.

Document publié le 01-01-2004

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