UFC Que Choisir de Nancy et environs

1884 - Le contrôle des saltimbanques

Nancy, le 25 avril 1884.

Messieurs,

par une circulaire du 25 février 1863, l'un de mes prédécesseurs vous a indiqué les dispositions de police qui réglementent les métiers de saltimbanques, joueurs d'orgue, musiciens, chanteurs ambulants, directeurs de spectacles, musées, jeux forains et toutes autres industries similaires.

Les agents de l'autorité publique ont eu l'occasion de constater que quelquefois ces industriels disposent en faveur de malfaiteurs ayant intérêt à changer de nom, des permissions dont ils sont porteurs.

Ces abus offrant les plus graves inconvénients au point de vue de la sécurité publique, je crois devoir vous inviter, Messieurs, à faire exécuter très règulièrement les prescriptions de la circulaire précitée.

Je vous rappelle, à ce sujet, que les étrangers exerçant les professions ambulantes ci-dessus désignées sont soumis, comme nos nationaux, quels que soient les titres dont ils sont porteurs, à la formalité d'une double autorisation.

L'une, générale, leur est délivrée, au moment de leur entrée sur notre territoire, par le Préfet du département frontière, sur un carnet de vingt-quatre feuillets, cotés et parafés, contenant toutes les mentions utiles relativement à la nationalité et à l'état civil des impétrants. L'autre, particulière, leur est accordée, s'il y a lieu, sur la production du carnet précité, par le Maire de la commune où ils se proposent d'exercer leur industrie, et peut toujours être refusée.

Il est essentiel, Messieurs, de ne pas perdre de vue ces dispositions qui sont spécialement applicables aux professions nomades. le vous recommande donc d'exercer une surveillance particulière à cet égard et d'user de vos pouvoirs de police municipale en refusant toute permission aux individus qui ne seraient pas porteurs d'un carnet régulièrement visé par l'autorité préfectorale ou dont l'identité ne vous serait pas démontrée. Vous devrez, en outre, verbaliser contre ceux de ces industriels qui, malgré votre défense, exerceraient leur profession sur le territoire de votre commune.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.

Le Préfet, G. BIHOURD.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale