UFC Que Choisir de Nancy et environs

1890 - La prévention du cholera

Paris, le 9 août 1890.

Monsieur le Préfet,

En vous adressant, le 1er août, les instructions contre le choléra adoptées par le Comité consultatif d'hygiène publique de France, je vous ai invité à tenir la main à ce que ces instructions fussent mises à exécution dès qu'un cas de maladie suspecte viendrait à se produire dans votre département. J'ajoutais : « C'est de la rapidité de l'action que dépendra le succès. »

Je crois devoir préciser cette dernière recommandation. Il est établi que les germes morbifiques du choléra se trouvent dans les déjections des malades. Ce sont ces déjections qui, par les personnes, les effets ou les eaux qu'elles souillent propagent la maladie. Il y a donc un intérêt capital à ce que ces déjections soient surveillées, à ce que les personnes ou les effets qu'elles auraient contaminés soient immédiatement désinfectés, à ce qu'elles ne puissent, en aucun cas, contaminer les eaux potables. C'est pourquoi le Comité prescrit que les vases destinés à recevoir les déjections renfermeront préalablement un verre d'une solution désinfectante forte (p. 3) ; que les garde-malades ne devront jamais prendre aucune nourriture dans la chambre du malade ni au dehors sans s'être lavé les mains dans une solution désinfectante (p. 1 et 2) ; que les linges souillés devront rester pendant deux heures dans une des solutions fortes (p. 3) ; que le logement du malade devra être désinfecté (p. 4 et 5).

Ce sont là les notions qu’il importe le plus de faire pénétrer dans les esprits. Si, dès la toute première apparition du mal, les Administrateurs, Préfets, Sous-Préfets et Maires assurent, sur ces points, l’observation des prescriptions du Comité, ils auront les plus grandes chances d’éviter la formation d’un foyer épidémique comme on évite un incendie en éteignant les premières étincelles.

Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.

Le Ministre de l’Intérieur,
Pour le Ministre et par autorisation,
Le directeur de l’Assistance et de l’Hygiène Publiques,
MONOD.

Document publié le 01-01-2004

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