UFC Que Choisir de Nancy et environs

1890 - Le régime des retraites

Le Préfet de Meurthe-et-Moselle à MM. les Maires du département.

Nancy, le 31 janvier 1890

Monsieur le Maire.

Ainsi que vous le savez, la loi du 20 juillet 1886 et le décret du 28 décembre 1886, ont réorganisé la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse créée en 1850. Cette caisse fonctionne sous la garantie de l'Etat sous le contrôle d'une commission supérieure formée auprès du ministre du commerce ; elle a pour objet de constituer, à l' âge de 50 ans ou à ‘ âge plus avancé, au choix du déposant, des pensions viagères dont le maximum ne peut dépasser 1,200 fr.

La pensée du législateur a été d'offrir à l'ouvrier laborieux des villes et des campagnes un moyen de s'assurer, par un léger prélèvement sur son salaire journalier, une retraite pour ses vieux jours. La Caisse reçoit et centralise dans ce but les épargnes les plus minimes, les fait fructifier par l'accumulation des intérêts et en tenant compte des chances de mortalité.

Cette institution offre donc, à tout homme qui vit de son salaire, la possibilité de préparer, dans des conditions de sécurité absolue et avec les plus grands avantages possibles, le repos et l'indépendance de sa vieillesse. Il sera assuré ainsi de ne pas tomber à la charge de ses enfants et il pourra même, s'il le désire, en réservant le capital à leur profit, joindre à une légitime prévoyance envers lui-même, la satisfaction de leur laisser une petite somme à son décès.

En outre si, avant l'époque fixée pour l'entrée en jouissance, le déposant se trouve dans l'incapacité absolue de travailler par suite de blessures graves ou d'infirmités prématurées régulièrement constatées, il est mis en possession immédiate, même avant 50 ans, d'une pension proportionnelle a son âge et à ses versements ; cette pension peut être augmentée au moyen d'une subvention de l'Etat, dans la limite du crédit inscrit chaque année à cet effet au budget.

Mon prédécesseur vous a adressé, Monsieur le Maire, le 12 janvier 1887, pour être affichée dans la mairie et dans toutes les écoles publiques, une instruction pratique concernant cette caisse. Il vous a, en outre, transmis le 29 décembre de la même année, un certain nombre d'exemplaires de cette instruction, sous forme de notices à distribuer au public, et il vous a fait remarquer, en même temps, que ce n'est qu'à l'aide d'une propagande active et souvent répétée que les notions de prévoyance et d'économie en vue de la vieillesse pourront pénétrer de jour en jour davantage dans la masse des travailleurs.

J'aime à penser, Monsieur le Maire, que vous n'avez pas perdu de vue ces instructions ; mais je tiens néanmoins à vous les rappeler moi-même et à vous dire que je compte entièrement sur votre dévouement envers les classes laborieuses pour le développement, parmi vos administrés, de cette sage et excellente institution.

Recevez, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération très distinguée.

Le Préfet, Léon STEHELIN.

Document publié le 01-01-2004

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