UFC Que Choisir de Nancy et environs

1891 - Les chaussures des militaires

A Messieurs les Maires du département.

Nancy, le 3 novembre 1891.

Messieurs,

J'ai l'honneur de vous adresser ci-après copie d'une notice descriptive de la chaussure dont les réservistes et les territoriaux devraient être pourvus lors de leur appel sous les drapeaux.

Un exemplaire de cette notice vous est adressé sous forme d'affiche par mes soins avec le présent numéro.

Vous voudrez bien prendre les dispositions nécessaires pour qu'elle soit placardée de manière à pouvoir être facilement consultée par les intéressés, tout en étant préservée des détériorations.

Agréez, Messieurs, l' assurance de ma considération très distinguée.

Le Préfet, Léon STEHELIN.

MINISTÈRE DE LA GUERRE.

Avis relatif à la chaussure concernant les hommes de la réserve et de l'armée territoriale affectés aux troupes à pied.

Il y aurait tout intérêt pour les hommes de la réserve et de l'armée territoriale affectés aux troupes à pied à arriver au corps, soit pour les périodes d'instruction, soit en cas de mobilisation, avec des chaussures faites à leurs pieds, établies dans de bonnes conditions et se rapprochant, autant que possible, du modèle de brodequin en usage dans l'armée.

Ces chaussures, dont ils se serviraient de temps à autre, permettraient aux hommes rappelés de supporter, dès leur arrivée, les fatigues d'une marche dans des conditions aussi avantageuses que leurs camarades de l'armée active, pour lesquels les mêmes précautions sont prises.

Les réservistes et territoriaux éviteraient ainsi, en arrivant au corps avec des chaussures solides, bien façonnées à leurs pieds, d'être obligés de se servir des brodequins entièrement neufs qu'on leur distribuerait, et avec lesquels ils risqueraient, non seulement de se fatiguer davantage, mais surtout de se blesser. LES CHAUSSURES AINSI APPORTÉES SERONT REMBOURSÉES A LEURS PROPRIÉTAIRES EN CAS DE MOBILISATION.

La notice ci-dessous indique les conditions générales que doit remplir un bon brodequin.

Conditions générales que DOIT REMPLIR UN BON BRODEQUIN.

Le brodequin a la forme générale indiquée par le croquis figuré sur l'affiche.

Il est avantageux que le contrefort soit prolongé jusqu'en A B, au delà de la couture C D qui joint l'empeigne et le quartier, et qu'il recouvre l'extrémité de l'empeigne, comme l'indique le croquis.

L'empeigne est prolongée en dedans du quartier par une languette qui protège le pied contre la pression du lacet de fermeture et s'oppose à l'introduction du gravier ou de la boue.

La semelle doit être suffisamment épaisse pour bien protéger la plante des pieds contre les aspérités du sol ; il faut éviter cependant d'en exagérer l'épaisseur, sinon la chaussure devient trop lourde et occasionne une fatigue inutile.

La semelle peut être légèrement débordante (3, 4 ou 5 millimètres au maximum) ; elle est garnie de clous disposés comme l'indique le croquis ci-dessus ; le bout doit être large et légèrement arrondi.

Le talon doit être large, bien plat, peu élevé et déborder sur la semelle d'environ 15 millimètres.

La chaussure doit être entretenue avec soin, maintenue constamment propre et débarrassée à l'intérieur de toute aspérité, si petite qu'elle soit.

Au lieu de la cirer, il est préférable de la graisser, notamment en cas de pluie et surtout de neige, afin de conserver au cuir toute sa souplesse.

Pour bien aller, la chaussure doit être suffisamment longue et large ; elle ne doit pas cependant ballotter au pied ; on doit éviter surtout de comprimer les doigts et le cou-de-pied.

Dans ces conditions, l'homme qui a une longueur de pied de 26 centimètres, par exemple, doit avoir des chaussures dont la longueur ne soit pas inférieure â 28 centimètres.

Paris, le 6 septembre 1891.

Le Président du Conseil, Ministre de la guerre,
C. DE FREYCINET.

Document publié le 01-01-2004

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