UFC Que Choisir de Nancy et environs

1892 - Le centenaire de la République

A Messieurs les Sous-Préfets et Maires du déportement.

Messieurs,

Une loi du 20 juin dernier a déclaré Fête nationale la journée du 22 septembre 1892, centenaire de la première proclamation de la République. En décidant la commémoration de cet anniversaire, le Parlement a entendu fixer dans les souvenirs de la génération actuelle l'une des dates les plus mémorables de notre histoire. Le 22 septembre 1792, la Convention nationale, au lendemain de l'une des plus belles victoires des armées de la Révolution, proclamait la République en France. Aujourd'hui, de même qu'il y a un siècle, la nation est souveraine et le gouvernement de la République préside à ses destinées. Définitivement accepté par tous, il est aussi définitivement établi. Grâce à l'esprit de tolérance des uns, à l'entente patriotique des autres, l'apaisement et l'union tendent à se faire chaque jour davantage. Sous l'égide républicaine, la France a reconquis son rang dans le monde ; par sa sagesse, elle a gagné de précieuses et durables amitiés ; par sa force, elle s'est imposée au respect de tous.

Les municipalités de Meurthe-et-Moselle, j'en ai la conviction, se feront toutes un devoir de reconnaissance et tiendront à honneur de répondre à l'invitation du Gouvernement, en donnant le plus d'éclat possible à ce Centenaire doublement glorieux.

Déjà, lui certain nombre de Conseils municipaux ont voté des crédits spéciaux pour cet objet. Leur exemple sera certainement suivi dans toutes les communes dont le budget présente un excédent de ressources. A défaut de disponibilités existantes, les autres sauront y suppléer, en faisant appel à l'initiative privée.

J'ai décidé, en ce qui me concerne :
Que le mercredi 21 septembre, au soir, et le jeudi 22, la Fête commémorative sera annoncée par la sonnerie des cloches, conformément à l'article 4 du règlement du 2 juin 1885 (voir Recueil administratif, page 134) ;
Que tous les édifices publics, départementaux et communaux, seront pavoisés aux couleurs nationales.

Je verrais en outre avec satisfaction qu'il vous fût possible de compléter cette fête par l'organisation d'illuminations, de réjouissances et de jeux divers.

Vous tiendrez avant tout, Messieurs, à affirmer la solidarité républicaine en laissant à la charité la plus grande place dans une Fête de ce caractère. J'attache, quant à moi, un très grand prix à ce que les pauvres, les déshérités et, en général, tous ceux qui souffrent ne soient pas oubliés, et je vous serai reconnaissant de ce que vous pourrez faire en leur faveur, à cette occasion.

J'accueillerai avec plaisir les communications que vous voudrez bien m'adresser, au sujet des mesures que vous aurez prises en exécution des présentes instructions.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.

Nancy, le 10 septembre 1892.

Pour le Préfet en congé,
Le Secrétaire général,
E. ALAPETITE.

Document publié le 01-01-2004

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