UFC Que Choisir de Nancy et environs

1892 - Le rappel des règles contre le choléra

Nancy, 3 octobre 1892.

Messieurs,

Je suis informé qu'un grand nombre de localités du département et principalement celles situées dans le voisinage de la frontière, laissent beaucoup à désirer au point de vue de la propreté.

Il ne vous échappera pas, Messieurs, que cette situation très regrettable constitue, à raison de la proximité de ces communes des territoires étrangers atteints par l'épidémie cholérique, un danger pour la santé publique en France.

Je vous invite dès lors, avec instance, à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires que comportent la propreté et l'hygiène dans vos communes.

L'article 97 de la loi du 5 avril 1884 vous en fait, du reste, une obligation.

Je crois devoir résumer ci-après, celles de ces mesures qui sont les plus efficaces pour atteindre ce but, savoir :
Faciliter l'écoulement des eaux ; - empêcher leur stagnation surtout aux environs des puits et fontaines ; - empêcher l'écoulement des purins dans les rues (à cette occasion, j'appelle spécialement votre attention sur l'utilité réelle que présenterait la création de fosses à purin) ; - enlever toutes les matières fécales, ordures, etc., les porter dans un lieu écarté et les recouvrir de chlorure de chaux ; - jeter également du chlorure de chaux aux abords des bouches d'égout et dans les endroits où se trouveraient des eaux croupissantes ou des armas d'immondices ; - maintenir très propres les abords des puits et fontaines ; - éloigner les fumiers placés près des habitations ; - nettoyer les cours et même l'intérieur des maisons malpropres, si les habitants s'y prêtent. Dans le cas où vous rencontreriez de la résistance de la part de ces derniers, vous ne devriez pas hésiter à prendre des arrêtés spéciaux qu'il conviendra de soumettre à mon approbation, pour prescrire l'exécution des mesures nécessaires ; vous pourriez, en pareille circonstance, faire appel très utilement au concours des agents voyers.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

Pour le Préfet,
Le Secrétaire général délégué,
E. ALAPETITE.

Document publié le 01-01-2004

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