UFC Que Choisir de Nancy et environs

1898 - Le rappel des règles d'hygiène

Le Préfet du département de Meurthe-et-Moselle à MM. les Maires.

Nancy, le 31 mars 1898.

Messieurs,

J'ai l'honneur de vous communiquer, ci-après, le texte d'une circulaire de M. le Ministre de l'intérieur au sujet de l'avis à donner aux populations en cas de changements apportés dans la distribution des eaux d'alimentation.

Je ne saurais trop vous engager à ne pas perdre de vue, le cas échéant, les dispositions qu'elle contient.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.

Le Préfet, Léon STEHELIN.

Le Ministre de l'intérieur à M. le Préfet de Meurthe-et-Moselle.

Paris, le 21 mars 1898.

Mon attention a été appelée sur les dangers que présentent, au point de vue de la propagation de la fièvre typhoïde, les modifications apportées à certaines époques dans la distribution de l'eau d'alimentation des villes.

Ces modifications, rendues nécessaires soit par les réparations à effectuer à la canalisation, soit par le curage des bassins filtrants, des réservoirs ou des conduites, soit enfin par la diminution du débit des sources, ont presque toujours pour résultat momentané la substitution d'une eau d'une qualité inférieure à celle qui est habituellement consommée.

Pour permettre de parer à ces dangers, il y a le plus grand intérêt à ce que les populations et les autorités militaires locales soient immédiatement informées des changements apportés dans la distribution des eaux et à ce que les habitants soient en même temps invités à soumettre à l'ébullition l'eau consommée pour les usages alimentaires, jusqu'à ce qu'elle ait retrouvé ses caractères accoutumés.

On conçoit facilement en effet que l'eau de bonne qualité qui traverse les bassins et les conduites immédiatement après l'opération du curage, de même que celle qui est distribuée consécutivement à une eau de provenance douteuse, telle que l'eau de rivière non filtrée, reste elle-même suspecte jusqu'à ce qu'elle ait entraîné les boues, les déchets organiques ou les germes nocifs laissés dans la canalisation.

D'accord avec M. le Ministre de la guerre, je vous prie de signaler tout particulièrement aux municipalités l'importance de ces mesures prophylactiques dont l'oubli a malheureusement causé à différentes reprises des épidémies de fièvre typhoïde.

Pour le Ministre de l'intérieur,
Le Conseiller d'Etat, directeur,
Henri MONOD.

Document publié le 01-01-2004

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