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1898 - Les progrès de la médecine

Paris, le 22 avril 1898.

Le Ministre de l'intérieur à MM. les Préfets.

Dans ces dernières années, l'art de guérir a fait une évolution rapide et féconde. Les progrès réalisés ont plus particulièrement porté sur la chirurgie active ; grace aux procédés de l'asepsie, les actes opératoires ont aujourd'hui une justesse remarquable, une bénignité véritablement merveilleuse.

Ces notions ont peu a peu pénétré dans les établissements hospitaliers. Mais l'administration qui a la charge de l'assistance médicale gratuite doit leur signaler maintenant une récente conquête de la science, l'application si heureuse de la radiographie et de la radioscopie, mode de recherche, d'étude et contrôle désormais indispensable pour certains examens cliniques.
L'Académie de médecine consultée sur ce sujet a, dans sa séance du 15 mars dernier, émis l'avis qu'il convenait « de recommander aux établissements hospitaliers, dans l'intérêt du traitement des malades pauvres, l'application de la radiographie et de la radioscopie ».

Je crois devoir porter à votre connaissance les termes du rapport de M. Gariel d'après lequel l'Académie a pris cette délibération.
« M. le Ministre de l'intérieur, dans une lettre du 24 janvier 1898, a demandé à l'Académie de médecine de donner son avis sur le point de savoir dans quelle mesure, dans l'état actuel de la science, il conviendrait de recommander aux établissements hospitaliers, dans l'intérêt du traitement des malades pauvres, l'application des nouvelles découvertes de la radiographie et de la radioscopie.
Lorsqu'un fait scientifique nouveau est découvert, il s'écoule souvent un assez long temps avant qu'il puisse être pratiquement utilisé d'une manière courante ; aussi, en général, n'est-ce qu'avec une grande circonspection qu'il convient de recommander l'emploi de méthodes nouvelles.
Mais la radiographie et la fluoroscopie, basées sur les découvertes toutes récentes du professeur Röntgen, sont d'une assez grande simplicité pour qu'il n'y ait pas lieu de penser qu'elles puissent être améliorées, si ce n'est dans quelques détails. Elles ont d'ailleurs fait leurs preuves, et considérable déjà est le nombre des cas dans lesquels ces méthodes d'examen ont apporté aux médecins et aux chirurgiens de précieux éléments de diagnostic ; pour s'en convaincre, il suffit de parcourir les comptes rendus des séances de l'Académie de médecine, sans parler des cas très nombreux où la radiographie a été avantageusement utilisée dans les hôpitaux ou dans la pratique civile.
Aussi, en se basant, d'une part, sur l'état de perfection déjà avancé auquel sont parvenues la radiographie et la radioscopie, et, d'autre part. sur les résultats avantageux qu'on est en droit d'en attendre d'après ceux qu'elles ont déjà fournis, l'Académie de médecine est d'avis qu'il conviendrait de recommander aux établissements hospitaliers, dans l'intérêt du traitement des malades pauvres, l'application de ces nouvelles méthodes. »

Vous voudrez donc bien attirer sur ce point l'attention des commissions administratives et les engager à faire, de concert avec les municipalités. quelque effort pour assurer au corps médical l'outillage et les installations devenues nécessaires au traitement des blessés et des malades d'après les données de la science moderne. Je verrais avec satisfaction que les administrations hospitalières installassent dans les principaux établissements des laboratoires annexes bien disposés, bien outillés et convenablement dotés oit les médecins et chirurgiens pourraient, au grand profit des malheureux, utiliser les nouvelles inventions scientifiques.

Pour le Ministre de l'intérieur Le Conseiller d' Etat, Directeur,
L. MONOD.

Document publié le 01-01-2004

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