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1903 - Les maladies de la vigne

La pyrale de la vigne cause d'importants ravages dans un certain nombre de vignobles du département.

Le papillon, qui paraît fin juillet - commencement d'août, peut avoir deux centimètres d'envergure ; ses ailes supérieures sont jaunes avec trois raies transversales plus foncées. La femelle pond sur les feuilles un certain nombre d'oeufs réunis et agglutinés par plaques jaune verdâtre. Plus tard ces pontes deviennent brunes, puis blanches, c'est le moment de l'éclosion. La chenille verdâtre, avec la tête brune, n'a que quelques millimètres de longueur et produit un fil qui lui permet de descendre sur la souche où elle s'abrite sous la vieille écorce, parfois dans les fentes d' échalas, où elle reste engourdie jusqu'au printemps suivant.

Lorsque la vigne commence à pousser, la chenille monte, très agile, sur les jeunes pousses qu'elle dévore, et en juin, juillet, la vigne paraît aussi dénudée qu'en hiver, et la récolte est perdue. La chenille au repos se loge dans un repli de la feuille qu'elle s'est aménagé et là on peut l'écraser, mais il faut procéder à plusieurs reprises. A l'état adulte, cette chenille peul atteindre près de deux centimètres de long.

L'écrasement des chenilles et l'enlèvement des pontes sont déjà d'une très réelle efficacité.

On pratique aussi l'ébouillantage en hiver, en tous cas avant la pousse des bourgeons. On transporte dans la vigne une lessiveuse ordinaire avec son réchaud, de l'eau et du combustible, et avec une cafetière on verse de l'eau bouillante sur la vieille écorce des ceps et non sur les sarments de l'année précédente. Il est utile également d'ébouillanter les échalas.

Signalons encore la décortication et l'incinération des écorces en hiver.

Enfin on emploie le soufre ; à cet effet, on se sert de cloches cylindriques en tôle, pouvant couvrir entièrement le cep, on allume d'abord dans un petit godet fixé au sol par une lige, quelques centimètres de mèche soufrée, puis on couvre avec la cloche et on passe au cep suivant avec une nouvelle cloche ; mais l'emploi d'une vingtaine de cloches serait nécessaire afin de pouvoir procéder rapidement. Le clochage a l'inconvénient d'exiger une forte main-d'oeuvre et de ne pouvoir être employé que bien avant l'éclosion des bourgeons.

On peut encore utiliser les lampes-pièges, qui permettent de détruire un grand nombre de papillons nocturnes, tels que la pyrale. Quatre lampes à acétylène suffisent par hectare. Les lampes au pétrole ou à l'huile ont un rayon d'action beaucoup plus restreint. On les allume par les nuits calmes, en juillet et août, dès l'apparition des papillons. Sous la lampe, on remplit d'un peu d'eau et de pétrole un récipient dans lequel les papillons attirés par la lumière se noient.

Il est à noter que les oiseaux, sansonnets, étourneaux, ichneumons, détruisent beaucoup de pyrales.

Le Professeur départemental d'agriculture,
A. BOURGEOIS.

Vu, le Préfet,
HUMBERT.

Document publié le 01-01-2004

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