UFC Que Choisir de Nancy et environs

1904 - La divagation des chiens

Nancy, le 20 juin 1904.

Le Préfet de Meurthe-et-Moselle à Messieurs les Maires du département.

J'ai l'honneur de vous transmettre, ci-après, le texte d'une dépêche par laquelle M. le ministre de l'agriculture me signale l'inobservation, dans certaines parties du département, des dispositions de mon arrêté du 30 juillet 1903, sur les chiens errants.

Vous ne méconnaissez pas, certes, l'intérêt public qui s'attache à la disparition complète de la divagation de ces animaux. Aussi ai-je la certitude qu'il suffit de vous rappeler mon arrêté et d'appeler tout spécialement votre attention sur la dépéche de M. le Ministre pour que, de votre côté, vous donniez des instructions formelles à MM. les commissaires de police, gardes champêtres, etc., en vue d'une répression sévère de toute contravention aux prescriptions susvisées.

Le Préfet, HUMBERT.

Le Ministre de l'agriculture à Monsieur le Préfet du département.

Paris, le 16 juin 1904.

Je vous ai signalé à plusieurs reprises, et notamment par ma lettre circulaire du 11 juillet 1903, l' intérêt qui s'attache à ce que la divagation des chiens dans nos campagnes soit empêchée d'une façon complète.

lI m'est revenu que les prescriptions de votre arrêté sur la divagation des chiens ne seraient pas partout strictement suivies et que, dans certaines régions, on aurait encore à se plaindre des méfaits dés chiens errants.

Je ne saurais trop appeler votre attention sur la question. L'interdiction de la divagation des chiens est en effet une mesure qui s'impose au point de vue de l'intérêt public ; sans elle, tous les efforts tentés seraient vains, en vue d'empêcher tant sur les personnes humaines que sur les troupeaux la propagation de la rage dont les chiens errants sont l'habituel véhicule.

La loi du 21 juin 1898, article 16, donne aux Maires, et à leur défaut, aux Préfets, le pouvoir de prendre des dispositions utiles contre la divagation des chiens, dispositions qui figurent également aux articles 51 et suivants du décret réglementaire du 22 juin 1882 sur la police sanitaire des animaux.

Des procédés de répression analogues ont été employés avec succès dans des pays voisins de la France, en Allemagne, en Angleterre, où, grâce à l'application rigoureuse qui en a été faite, les cas de rage ont complètement disparu. Il résulte notamment, des statistiques dressées annuellement, que dans le royaume de Grande-Bretagne où il avait été constaté 217 cas de rage dans vingt-huit comtés en 1887, 312 dans vingt comtés en 1889, ces chiffres sont tombés successivement à un cas en 1901 et à zéro en 1903.

D'autre part, je vous ai précédemment rappelé que les intérêts de l'agriculture étaient étroitement liés à la conservation des oiseaux utiles, dont les chiens errants détruisent de la façon la plus regrettable les nids et les couvées.

J'insiste donc auprès de vous pour que vous preniez les mesures nécessaires afin de rendre efficaces les dispositions de votre arrêté et d'arriver à une disparition complète de ce fléau. Je vous demande notamment d'adresser de nouvelles et pressantes instructions aux autorités chargées d'assurer l'exécution de votre arrété, spécialement à MM. les Maires ainsi qu'aux agents de surveillance, gardes champêtres, etc., pour que les dispositions édictées contre les chiens errants soient strictement appliquées. Je renouvelle de mon côté les Instructions déjà transmises à cet égard au personnel des eaux et forêts.

Je compte sur votre concours actif et dévoué pour obtenir sur l'importante question dont il s'agit des résultats appréciables au sujet desquels je vous serai obligé de me faire parvenir des renseignements détaillés avant
la fin de l’ année.

Léon MOUGEOT.

Document publié le 01-01-2004

Retour à la page principale