UFC Que Choisir de Nancy et environs

1904 - L'élevage des nourissons

Nancy, le 30 juin 1904.

Le Préfet de Meurthe-et-Moselle à MM. les Maires du département.

La question de la mortalité infantile préoccupe beaucoup, depuis quelques années, à juste titre, les médecins et les hygiénistes.

Les constatations désolantes d'un travail de MM. Balestre et Giletta de Saint-Joseph, de Nice, jointes à une longue expérience personnelle, ont amené M. le professeur Budin, membre de l'Académie de médecine, à affirmer que plus de la moitié des maladies qui sévissent sur les jeunes enfants et entraînent des décès, sont des maladies évitables. Quant aux moyens à employer pour enrayer cette désastreuse mortalité, M. Budin s'exprime ainsi :
« Ce qu'il faut donc, c'est encourager le plus possible l'allaitement au sein, donner aux mères les conseils nécessaires, surveiller attentivement et diriger les nourrices, faire des pesées hebdomadaires ou bimensuelles des enfants et veiller à ce qu'ils ne reçoivent que du bon lait. Les médecins pourront de la sorte faire disparaître la cause la plus importante de mortalité infantile : la diarrhée. »

Ces quelques mots contiennent tout le programme des consultations des nourrissons, dont la première a été créée, en 1892, par le professeur Budin, à l'hôpital de la Charité. Depuis, ces institutions se sont propagées dans les hôpitaux d'abord, et dans les dispensaires à titre d'annexes ; puis l'initiative privée en a créé dans différents quartiers de Paris, et enfin, le mouvement a gagné les départements. Les résultats ont été si satisfaisants, dit M. le Ministre de l'intérieur dans une circulaire du 25 mai, qu'on peut affirmer maintenant que ces consultations constituent le plus puissant moyen d'action expérimenté jusqu'à ce jour, pour parer aux dangers qui menacent la première enfance.

Il convient donc que les administrations municipales entrent dans ces vues et recherchent les moyens de les mettre en application. Ces moyens sont indiqués d'ailleurs dans une remarquable préface que M. Jonnart a écrite en tête du livre Le Nourrisson, de M. Budin : « Pour créer une consultation de nourrissons, trois choses suffisent : une balance, un appareil à stériliser le lait et le dévouement d'un médecin. »

Des réserves sont même possibles quant à la nécessité, du moins dans certaines localités, de l'appareil à stériliser le lait, car on peut comprendre la consultation sans la distribution du lait.

En ce qui concerne l'organisation du service, la circulaire ministérielle précitée donne les détails suivants :
Le local se compose ordinairement de trois pièces :
1° Une salle d'attente ; - 2° une salle de pesage et d'examen ; - 3° une salle de distribution du lait, dans le cas où un service de distribution est annexé à la consultation.

Ces salles doivent être chauffées en hiver.

Le matériel comporte :
Dans la salle d'attente, des bancs ou des chaises ; - dans la salle d'examen, une table supportant la balance, une autre table qui sert au médecin pour écrire, et quelques sièges. Enfin, s'il y a lieu, un appareil à stériliser le lait. Pour compléter ce matériel, il est encore nécessaire d'avoir un casier pour classer les fiches sur lesquelles doivent être inscrits. chaque semaine, le poids du nourrisson et, selon le cas, le nombre de bouteilles de lait stérilisé remises à la mère.

Telle est, réduite à ses éléments indispensables, l'organisation d'une consultation de nourrissons, c'est-à-dire d'une oeuvre qui a pour objet, avant tout, de donner aux mères et aux nourrices les avis nécessaires pour élever leurs enfants.

Il va sans dire que le médecin y joue un rôle capital. Aussi ai-je l'intention de faire appel au concours du corps médical et particulièrement des médecins-inspecteurs du service de la protection du premier âge, avec lesquels il vous appartiendra de vous concerter.

Déjà, dans plusieurs départements, des consultations de nourrissons ont été créées , et ces oeuvres, bien accueillies par la population, ont amené dans les localités où elles fonctionnent une diminution notable de la mortalité infantile. Je les verrais avec plaisir s'organiser en Meurthe-et-Moselle, et j'espère que le Conseil général voudra en favoriser le développement en inscrivant au budget départemental un crédit pour cet objet.

Dans sa circulaire du 25 mai, M. le Ministre de l'intérieur fait remarquer qu'aux consultations de nourrissons, dont le but essentiel est d'enseigner les principes élémentaires de puériculture, se trouve le plus souvent annexé un service de distribution de lait stérilisé, qui donne toute garantie au point de vue de la qualité du lait et qui stimule, au moyen de l'offre d'un avantage, l'assiduité des mères aux consultations.

Je ne puis que recommander à votre sollicitude cette institution complémentaire, comme toutes autres oeuvres qui seraient fondées uniquement pour procurer aux familles du lait de bonne qualité, et que l' Etat n' hésiterait pas d'ailleurs à encourager au moyen de subventions.

Je vous serai reconnaissant de vouloir bien me tenir au courant des démarches que vous pourrez faire dans le sens des instructions qui précèdent.

Le Préfet, HUMBERT.


2ème DIVISION. - Mortalité des enfants du premier âge.

Circulaire et instructions.

Nancy, le 6 juillet 1904.

Le Préfet de Meurthe-et-Moselle à MM. les Maires.

Je vous ai fait parvenir récemment, par la voie du Recueil dus Actes administratifs (V. n° 22, p. 351), une circulaire appelant votre intérêt sur certaines institutions destinées à combattre la mortalité infantile.

Pour faire suite à cette circulaire et pour me conformer au désir du conseil départemental d'hygiène, j'ai l'honneur de vous donner ci-après communication d'un arrété municipal pris, dans le même ordre d'idées, par M. le Dr. de Villiers, maire de Villiers-le-Duc (Côte-d' Or), et d'une instruction relative à l'élevage des enfants du premier âge.

Je vous saurai gré de porter cette instruction à la connaissance des mères de famille, par les moyens de publicité qui vous paraîtront les plus convenables.

Le Préfet, HUMBERT.

Commune de Villiers-le-Duc (Côte-d'Or).

ARRÊTÉ :

Le maire de Villiers-le-Duc,

Vu les lois du 5 avril 1884, du 15 juillet 1893 et du 23 décembre 1874, ainsi que la circulaire ministérielle du 18 mai 1894 (titre III, article 12) ; Considérant que les municipalités ont le devoir d'enrayer la dépopulation en prenant les mesures indispensables pour restreindre la morti-natalité et la mortalité infantile ;

Le conseil municipal entendu,

ARRÊTE :

ART. 1er. - Toute femme enceinte, mariée ou non, domiciliée dans la commune, ne possédant pas les ressources suffisantes pour lui permettre de prendre à sa charge les dépenses qu'entraîneraient les mesures nécessaires pour assurer, autant que possible, non seulement sa propre existence, mais aussi celle de l'enfant à naître, pourra demander l'assistance de la commune.

ART. 2. - Pour bénéficier de cette faveur, elle devra déclarer son état de grossesse, à la mairie, avant le septième mois, en indiquant, en même temps, par quelle sage-femme elle désire être assistée. La sage-femme désignée sera invitée par la mairie à visiter la femme enceinte afin de s'assurer qu'il n'existe ni albuminurie, ni dystocie foetale ou maternelle, ni présentation vicieuse. Il sera alloué à la sage-femme, pour cette visite, une somme de 5 fr. sur le crédit ouvert au budget de la commune pour l'assistance médicale gratuite et sans participation de l'Etat et du département.

ART. 3. - Dans le cas où la sage-femme, après cet examen, jugerait que l'intervention d'un médecin est nécessaire, elle devra en aviser de suite la municipalité,, sans motiver son avis. La mairie priera alors un médecin, au choix de la femme enceinte, de prendre les mesures nécessaires pour mener à bien l'accouchement. Les honoraires du médecin seront soldés sur le crédit de l'assistance médicale gratuite, sans participation de l'Etat ou du département.

ART. 4. - Toute accouchée assistée par la commune recevra une gratification de 1 fr. par jour et pendant dix jours, non compris celui de l'accouchement. si elle reste au lit. Cette gratification lui sera payée à l'expiration des dix jours. Si l'accouchée se lève avant celte limite, la gratification lui sera refusée. La dépense sera imputée sur le crédit de l'assistance médicale gratuite, sans participation de l'etat et du département.

ART. 5. - Toute femme qui prendra un nourrisson sera tenue, si elle ne nourrit pas l'enfant au sein, ou si elle fait de l'alimentation mixte, de se munir d'un appareil à stériliser le lait et de se conformer pour l'alimentation de l'enfant aux prescriptions écrites qui lui seront fournies par la municipalité. Elle devra à toute réquisition de l'autorité municipale ou des médecins inspecteurs présenter l'appareil stérilisateur, les biberons pleins ou vides, les tétines et autres accessoires de façon que l'on puisse vérifier leur bon entretien.

ART. 6. - Tous les enfants placés en nourrice devront être pesés tous les quinze jours, sur le pèse-bébé communal, soit à la mairie, si le temps le permet, soit à domicile. L'accroissement du poids sera mentionné sur une fiche spéciale pour chaque enfant et conservée à la mairie.

ART. 7. Tout nourrisson élevé an sein ou au biberon, qui serait atteint d'une affection quelconque et notamment de diarrhée, de vomissements ou de troubles respiratoires devra être signalé à la municipalité dans un délai maximum de vingt-quatre heures après l'apparition des premiers symptômes de maladie.

ART. 8. - Dans le cas où les nourrices ne se conformeraient pas aux prescriptions des articles 5, 6 et 7 énoncés ci-dessus, leur certificat constatant leur aptitude pourra leur être retiré huit jours après un avertissement resté sans effet.

ART. 9. - Un appareil stérilisateur de lait et des accessoires de rechange seront déposés à la mairie à la disposition des nourrices, qui pourront les acheter à prix réduit. Les mères qui nourrissent leurs enfants et qui seraient dans une situation notoire d'indigence, pourront obtenir à titre de prêt et gratuitement, un appareil stérilisateur qu'elles rendront à la commune après le sevrage de l'enfant.

ART. 10. - Toute nourrice allaitant soit au sein, soit au biberon son enfant ou un enfant qui lui aura été confié et qui présentera cet enfant en bon état de santé à l' âge d'un an, aura droit à une gratification de 2 fr. par mois, à partir du moment où l'allaitement aura été commencé par elle, jusqu'à celui où l'enfant aura atteint I' âge d'un an.

Fait à Villiers-le-Duc, le 14 mai 1903.

Le Maire, DE VILLIERS.

PRESCRIPTIONS CONCERNANT L'ÉLEVAGE DES ENFANTS DU PREMIER ÂGE.

Les enfants de moins d'un an ne sont jamais méchants ainsi qu'on le prétend parfois. Ils ne crient que pour trois causes : 1° ils ont faim ; 2° quelque chose les gène ; 3° ils sont malades.

Donc, si un enfant crie, il faut voir si ce n'est pas l'heure de lui donner à boire. S'il a bu à son heure, il faut le démailloter pour s'assurer qu'il n'est pas piqué par une épingle, que ses linges ne sont ni mouillés ni souillés, et qu'il n'est pas « écuit », c'est-à-dire qu'il n'a pas la peau rouge, par places. Dans ces derniers cas, il faut enlever ce qui le gène, le changer de linge et le saupoudrer largement de poudre de talc avec un tampon de coton. Si, ces vérifications faites, l'enfant continue à crier, il est probable qu'il est malade et il faut alors le surveiller et, si des cris persistent, le faire examiner par le médecin.

Le meilleur berceau consiste en une corbeille que l'on garnit d'une grande serviette dans laquelle on dépose une épaisse couche de son. On place le drap à même sur le sol. Lorsque l'enfant urine au lit, il se forme dans le son des boulettes qu'il est facile d'enlever et la couchette reste saine. Cela est préférable aux paillasses ou matelas qui s'imprègnent d'urine et deviennent rapidement malsains.

Il ne faut pas coucher l'enfant sur le dos, mais sur le côté et, chaque fois qu'on le couche, le placer alternativement sur le côté droit et sur le côté gauche. On ne doit pas entourer le lit de rideaux, il faut laisser le plus d'air possible à l'enfant. On peut pendant l'été le garantir des mouches en plaçant sur sa tête un morceau de tarlatane apprêtée, à large tissu.

Lorsque l'on porte un enfant âgé de moins de quatre mois, on ne doit jamais le tenir debout, mais étendu sur le bras et en lui soutenant la tête.

Les selles d'un enfant en bonne santé sont jaunes et ressemblent à des oeufs brouillés. Si elles devenaient liquides on vertes, il faudrait faire examiner l'enfant.

Il faut laver chaque jour l'enfant avec une éponge douce, imbibée d'eau tiède ou mieux encore le baigner. Après l'avoir essuyé, il faut le saupoudrer largement sur le dos, les fesses, les cuisses et dans tous les plis de la peau (cou, aisselles, pli du coude, aine [ou croissant], etc.), avec de la poudre de talc, qui est préférable à la poudre d'amidon, parce qu'elle ne fermente pas. On peut s'en procurer gratuitement au poste de secours.

Il faut nettoyer la tête de l'enfant et ne pas laisser se former les croûtes que certaines personnes croient utiles. Les croûtes de la tête s'enlèvent facilement en les frottant avec un peu d'huile.

ALIMENTATION.

L'alimentation au sein, surtout si elle est faite par la mère, doit toujours étre préférée : c'est ce que l'on appelle l' alimentation naturelle. Si la nourrice n'a pas assez de lait, elle nourrit partie au lait, partie au biberon, c'est ce que l'on appelle l'alimentation mixte. Si la nourrice ne peut donner le sein, l'enfant est nourri au biberon, c'est ce que l'on appelle l'alimentation artificielle. Dans les trois cas il faut peser l'enfant chaque semaine, ou au moins tous les quinze jours pour s'assurer que la croissance est normale.

L'alimentation de l'enfant doit être régulière, c'est-à-dire faite à heure fixe, toutes les deux ou trois heures pendant les premiers mois, toutes les trois heures ensuite. Il faut habituer l'enfant à ne pas boire pendant la nuit en lui donnant la première têtée tôt le matin et la dernière tard le soir. De cette façon tout le monde se repose.

La nourrice ne doit pas prendre l'enfant dans son lit, car elle peut s'endormir et l'étouffer en se retournant sur lui, dans son sommeil, ou le laisser tomber du lit.

L'athrepsie est la maladie qui tue le plus d'enfants dans la première année. Elle est toujours causée par une alimentation défectueuse, parce que l'on donne à l'enfant de la soupe, du pain, des biscuits, dans la pensée que cela lui aide à faire ses dents ou parce que le lait qu'on lui fait boire n'a pas été stérilisé ou a été donné dans des biberons malpropres. Le lait, surtout en été, se décompose rapidement. Quelques gouttes de lait laissées dans le fond d'un biberon ou dans une tétine suffisent pour produire au bout de très peu de temps des champignons microscopiques, qui sont un poison dangereux.

Les nourrices qui allaitent au biberon ont une tendance à augmenter la quantité de lait nécessaire, sous prétexte que l'enfant a un gros appétit. Elles ont tort. L'enfant grossit, il est vrai, mais il devient bouffi et la suralimentation qu'on lui donne, loin de lui profiter, l'expose à tous les dangers du rachitisme ; C'est là le gros écueil de l'alimentation artificielle, même lorsque le lait est bon et les biberons bien entretenus. Il ne faut donc pas s'écarter des doses indiquées dans le tableau ci-joint, et il faut peser l'enfant chaque semaine ou au moins tous les quinze jours pour vérifier si sa croissance est normale. Si cette croissance n'était pas régulière, il faudrait consulter le médecin.

Pendant la première année l'enfant ne doit prendre que du lait ; ou peut cependant à partir du dixième mois lui donner chaque jour un jaune d'oeuf cuit à la coque, mais pas de soupe ni de pain.

PROCÉDÉS D'ALIMENTATION.

Lorsque la nourrice n'a pas assez de lait pour nourrir l'enfant exclusivement au sein, il faut qu'elle fasse de l'alimentation mixte en donnant plusieurs biberons. Il n'est pas possible d'indiquer ici le nombre de biberons à donner, car cela dépend de la qualité du lait de la nourrice et de la quantité qu'elle peut fournir. Ce n'est que d'après les pesées de l'enfant que le médecin peut établir une règle à ce sujet.

Lorsque l'alimentation artificielle doit être employée, elle doit se faire pendant les quatre premiers mois au moyen de lait coupé, c'est-â-dire mélangé avec de l'eau bouillie dans les proportions suivantes :

Premier jour. - Ne rien donner. L'enfant n'a besoin de rien ; le laisser.
Deuxième jour. - 60 grammes de lait mélangé à 60 grammes d'eau bouillie, en six tétées.
Troisième jour. - 175 grammes de lait mélangé à 175 grammes d'eau bouillie, en six tétées.
Quatrième jour. - 200 grammes de lait, mélangé à 200 grammes d'eau bouillie, en sept tétées.
A partir du cinquième jour donner le lait stérilisé coupé à un tiers, c'est-à-dire composé de deux parties de lait et d'urne partie d'eau bouillie.

On mesure les quantités de lait et d'eau bouillie avec l'un des flacons gradués de l'appareil stérilisateur et cela dans les proportions suivantes (pour vingt-quatre heures) :

Lait. Eau bouillie. Nombre de tétées
Du cinquième au trentième jour en de 300 grammes + 150 grammes.
augmentant progressivement les quantités à 360 - + 180 - 8
Deuxième mois de de 360 - + 180 - 8
de 500 - + 250 - 7
Troisième mois de 500 - + 250 - 7
de 570 - + 280 - 7
Quatrième mois de 570 - + 280 - 7
De 620 - + 300 - 7

Au cinquième mois, il faut donner le lait pur en six tétées et en augmentant progressivement la quantité de lait de 950 grammes à 1200 grammes jusqu'à I'âge d'un an. On peut commencer à partir du dixième mois à donner à l'enfant, chaque jour, un jaune d'oeuf cuit à la coque, mais il ne faut lui donner ni soupe ni bouillie avant l'âge d'un an.

L'eau bouillie de coupage peut être employée pure ou mieux sucrée soit avec du sucre ordinaire, soit mieux encore avec de la lactose ou sucre de lait (qui coûte environ 4 fr. à 5 fr. le kilogr.). La quantité de sucre ou de lactose à employer doit être de 10 grammes pour 100 grammes d'eau bouillie.

Lorsque l'on donne le lait pur à partir du cinquième mois, il suffit d'ajouter au lait deux grammes de sucre ou lactose pour 100 grammes de lait.

STERILISATION DU LAIT.

Il existe un grand nombre d'appareils pour stériliser le lait, mais ils différent peu entre eux, le principe étant toujours le même. Voici comment, quel que soit le modèle choisi, il faut procéder pour la stérilisation :

1° Verser dans un récipient propre, c'est-à-dire passé à l'eau bouillante, la quantité de lait frais tiré, nécessaire pour vingt-quatre heures. On mesure cette quantité, indiquée plus haut, au moyen d'un des flacons gradués de l'appareil ;
2° Ajouter au lait la quantité d'eau bouillie (simple ou mieux sucrée) indiquée pour le coupage pendant les quatre premiers mois (avoir toujours en réserve de l'eau bouillie récemment, en bouteille fermée)
3° Répartir également dans les huit, sept ou six flacons, selon l'âge de l'enfant, la boisson des vingt-quatre heures ;
4° Placer les flacons dans la marmite en posant simplement sur le goulot de chaque flacon l'obturateur en caoutchouc, mais sans mettre la griffe métallique qui existe dans certains appareils ;
5° Verser de l'eau froide dans la marmite jusqu'au niveau du lait des flacons ;
6° Mettre la marmite sur le feu et faire bouillir l'eau pendant trois quarts d'heure au moins ;
7° Retirer les flacons, mettre les griffes métalliques si l'appareil en comporte et laisser refroidir.

Le lait est ainsi préparé pour vingt-quatre heures. Lorsque l'on donne à boire à l'enfant, il suffit de faire tiédir le flacon au bain-marie suffisamment pour que si l'on verse quelques gouttes de lait sur le dos de la main l'on n'éprouve aucune sensation de chaleur ou de froid.

Faire boire l'enfant lentement. Le lait qui peut rester dans un biberon ne doit jamais resservir ; dès que l'enfant a bu il faut vider le biberon, le laver et le faire égoutter. La tétine doit être lavée et mise dans un flacon bouché contenant de l'eau bouillie boriquée renouvelée chaque jour.

PESÉES DE L' ENFANT.

L'enfant doit être pesé chaque semaine ou au moins tous les quinze jours, quel que soit son mode d'alimentation.

Un pèse-bébé est déposé à la mairie et peut être porté à domicile. La pesée est le seul moyen exact de vérifier si la croissance de l'enfant est normale. Le poids, d'un enfant qui se porte bien, boit du bon lait en quantité suffisante et le digère bien, ne doit pas sensiblement s'écarter des moyennes mentionnées ci-dessous.

En indiquant par la lettre P le poids de l'enfant quatre jours après sa naissance (l'enfant perd de son poids pendant les trois premiers jours) et par la lettre A les augmentations de poids acquis pendant les mois précédents, on peut établir les moyennes suivantes :

L'augmentation de poids est par jour de : L'augmentation doit être à la fin du mois : Totaux :

Premier mois = 25 grammes. P + 750 grammes. P + 750 grammes.
Deuxième mois. = 23 - P + A + 700 grammes. P + 1 kg 450 - Troisième mois. = 22 - P + A + 650 - P + 2 100 -
Quatrième mois. = 20 - P_+ A + 600 - P + 2 700 -
Cinquième mois. = 18 - P + A + 650 - P + 3 250 -
Sixième mois. = 17 - P + A + 600 - P + 3 750 -
Septième mois. = 15 - P + A + 450 - P + 4 200 -
Huitième mois. = 13 - P + A + 400 - P + 4 600 -
Neuvième mois. = 12 - P + A + 350 - P + 4 950 -
Dixième mois. = 10 - P + A + 300 - P + 5 250 -
Onzième mois. = 8 - P + A + 250 - P + 5 500 -
Douzième mois. = 7 - P + A + 200 - P + 5 700 -


Donc, si un enfant pèse 3kg 300 quatre jours après sa naissance, il doit peser environ 9 kilogr. à l'âge d'un an. Ces chiffres n'ont évidemment rien d'absolu, mais si l'enfant croît normalement, son poids ne doit pas s'écarter sensiblement des indications ci-dessus.

Document publié le 01-01-2004

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